LA BOXE: UNE QUESTION D'ESQUIVES ?

Pour les non initiés, la boxe pourrait passer de prime abord pour un sport de brute où celui qui cogne le plus fort gagne. Et pourtant, c’est une discipline bien plus subtile.

La boxe consiste avant tout à placer ses coups de manière à atteindre l’adversaire sans être touché en retour. En effet, remporter un combat c’est bien, mais être victorieux sans aucune blessure c’est mieux. En définitive, tout cela est possible grâce à l’art de l’esquive. C’est cet aspect du noble art que nous étudierons dans cet article et nous verrons ensemble comment travailler cette capacité essentielle à tout bon boxeur.

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Améliorer ses déplacements

Cela peut paraître évident mais une cible en mouvement est forcément plus compliquée à toucher qu’une cible statique. Et pourtant, ce n’est pas toujours si simple à mettre en pratique, surtout face à un adversaire qui avance constamment et qui va chercher à vous bloquer dans un coin du ring. Si on regarde certains des plus grands boxeurs, on pourrait presque faire un parallèle avec la danse lorsqu’on observe leur manière de bouger. Ils évoluent sur le ring avec une telle aisance et une telle fluidité que leurs adversaires ont bien du mal à les cadrer. Ces derniers se retrouvent donc à porter des coups qui passent à côté de leur objectif et qui les exposent de facto à des contres potentiellement dévastateurs.

En définitive, les déplacements sont l’une des premières choses à travailler lorsqu’on parle d’esquive. La corde à sauter permet, au delà de renforcer le cardio, d’apprendre à ne pas trop peser sur ses appuis. N’hésitez pas à vous déplacer légèrement dans les 4 directions lors de vos rounds de corde au lieu de sauter systématiquement sur place. De la même manière, attachez une grande importance à votre mobilité lorsque vous pratiquez le shadow boxing. Imaginez un adversaire qui vous attaque constamment et que vous devez éviter par tous les moyens grâce à vos déplacements et vos esquives. Vous pourrez par la suite mettre tout cela en application lors de vos sparrings.

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Trouver le bon équilibre entre tension et relâchement

C’est clairement l’un des points les plus complexe à travailler pour tout combattant, surtout lorsqu’on est débutant. Si on est crispé et trop tendu, cela nuit à la fluidité des mouvements, à la rapidité et à la réactivité. Au delà de ça, on consomme beaucoup plus d’énergie quand le corps est en tension. On se retrouve à bouger de manière saccadée, un peu comme un robot. Idéalement, le corps doit rester relaché autant que possible pendant le combat et la tension ne doit se faire sentir qu’au moment de l’impact (aussi bien en attaque qu’en défense). Une fois de plus, le shadow boxing est un excellent moyen de travailler le relâchement et la fluidité dans le mouvement. Ici, tout est question de sensation. Veillez à bien respirer pour éviter de boxer en apnée et conservez une bonne garde pendant toute la durée de l’exercice.

La travail au sac est également intéressant car il implique de bien “verrouiller” ses frappes au moment de l’impact pour être efficace et pour éviter de se blesser. Il permet donc de bien faire la part des choses entre les phases de déplacement (en souplesse) et d’attaques (qui nécessitent un engagement et une certaine tension au moment de l’impact).

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Le travail aux pattes d’ours

Cet exercice nécessite la présence d’un partenaire mais permet de se rapprocher un peu plus des conditions du combat. C’est lui qui donne le tempo et l’objectif est de s’adapter à toutes les situations en essayant de minimiser au maximum le temps de réaction. Cela permet de répéter ses enchaînements de manière à ce qu’ils deviennent des automatismes qui sortiront instinctivement en sparring ou en combat. Cependant, il est tout aussi intéressant d’y intégrer un travail d’esquive. Demandez à votre partenaire d’attaquer de temps en temps avec les pattes d’ours de manière à pouvoir essayer de placer des esquives entre 2 enchaînements. Cela permet de casser la routine et de maintenir une attention constante pendant toute la durée de l’exercice sous peine de prendre un coup (même si ce dernier ne sera évidemment pas porté à pleine puissance). Dans un second temps, l’esquive pourra être suivie d’une contre-attaque, toujours sous les directives du partenaire.

 

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Le punching ball

Cet accessoire permet de travailler en toute autonomie ses esquives. En effet, contrairement au sac de frappe, le punching ball reviendra vers vous sous l’effet de vos coups ce qui vous obligera à esquiver ou à bloquer. L’objectif sera bien évidemment d’alterner les deux et de mettre à profit vos déplacements. C’est un excellent outil qui développera votre coup d’oeil et votre capacité d’adaptation. Essayez de varier au maximum vos frappes (directs, crochets et uppercuts) de manière à ce que les mouvements du punching ball ne soient pas toujours les mêmes. Cela vous obligera à varier vos esquives et vos ripostes.  

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Travailler ses esquives avec une simple corde ?

Un autre moyen peu coûteux d’améliorer ses esquives sans partenaire est d’utiliser une simple corde. Tendez là entre 2 murs, piliers, arbres ou autres à hauteur de menton. Le principe est d'enchaîner vos combinaisons en avançant et en reculant le long de la corde tout en passant de temps en temps sous celle-ci en fléchissant les jambes selon un mouvement en “U”. Cela permet de simuler des esquives rotatives comme on le ferait pour un crochet. Veillez à bien garder le dos droit et à conserver une bonne garde pendant l’esquive. La corde simule donc une frappe à hauteur de visage qu’il vous faut esquiver et la présence de celle-ci vous obligera à bien fléchir sur vos appuis sous peine de la toucher au passage. Essayez de réaliser votre esquive avec le minimum d’effort. L’amplitude de celle-ci ne doit pas être exagérée car cela aurait pour conséquence de vous fatiguer davantage et cela vous ferait perdre un temps précieux pour contre-attaquer. Profitez également des déplacements en avant et en arrière pour travailler les combinaisons en mouvement.

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Le sparring

La finalité de tous les exercices précédents est bien évidemment de mettre tout cela en pratique avec un partenaire sous forme de sparring. Il n’est pas nécessaire de rechercher le coup dur si on souhaite travailler ses esquives. L’objectif est de mettre en pratique tout ce que vous avez appris sous forme d’un assaut imprévisible où il faudra vous adapter constamment aux actions et aux réactions de votre partenaire d'entraînement. Si besoin, munissez vous des protections nécessaires (casque et protège dents) pour éviter de vous blesser inutilement.

Les meilleurs boxeurs sont ceux qui arriveront à toucher l’adversaire sans être touchés eux-même. L’esquive est une compétence clé du bagage défensif de tout combattant qui nécessite un excellent coup d’oeil et une bonne fluidité de mouvement. Il n’y a rien de plus gratifiant en combat que d’esquiver une attaque qui laisse l’adversaire vulnérable à un contre parfaitement synchronisé permettant de reprendre le dessus. Ce n’est pas vrai ? Par conséquent, pas une seconde à perdre, vous n’avez plus d’excuse pour ne pas vous entraîner et devenir la reine ou le roi de l’esquive ! :-)

nicolas
NICOLAS, Passionné de sport de combat

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